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Philologie als Lebensform


Bähler, Ursula (2004). Philologie als Lebensform. Vox Romanica, 63(1):153-168.

Abstract

Parmi les savants, plusieurs philologues, on le sait, ont pris position dans l’affaire Dreyfus. À partir de l’exemple de Gaston Paris, le présent article se propose d’analyser les raisons et motivations qui ont présidé à l’«immixtion» de ces chercheurs dans «ce qui ne les regardait pas», pour reprendre cette définition des intellectuels mise en circulation par Ferdinand Brunetière dès 1898 et devenue célèbre suite à une conférence donnée par Jean-Paul Sartre au Japon quelques soixante-dix ans plus tard. Il apparaîtra alors que c’est essentiellement en raison de leur ethos professionnel, développé au cours du processus de scientifisation de leur discipline à partir des années 1860, que les philologues (romanistes) se sont prononcés sur l’Affaire. Certes en premier lieu déclenché par le fait que la pièce maîtresse du procès Dreyfus était le fameux «bordereau» dont il s’agissait d’examiner l’écriture, activité communément assignée au domaine de compétence propre aux chercheurs en philologie, l’engagement de ces derniers
dans une affaire publique fut profondément motivé par les valeurs morales qu’ils considéraient comme étant inhérentes à leur credo scientifique. Pour eux, la philologie, loin d’être une discipline scientifique dont l’impact se limite aux objets de recherche étudiés, non seulement impliquait un mode de pensée dont l’un des traits marquants était l’aspiration à l’universel et au dépassement de catégories invétérées, mais encore accédait au statut d’une véritable forme de vie. C’est aussi par cet aspect que les pères fondateurs de la philologie romane méritent encore notre attention et notre respect et nous proposent même, aussi inattendu que cela puisse paraître à ceux qui aimeraient les voir figurer dans Jurassic Park, un modèle du rôle des savants dans la cité digne, pour le moins, d’être (re)médité.

Abstract

Parmi les savants, plusieurs philologues, on le sait, ont pris position dans l’affaire Dreyfus. À partir de l’exemple de Gaston Paris, le présent article se propose d’analyser les raisons et motivations qui ont présidé à l’«immixtion» de ces chercheurs dans «ce qui ne les regardait pas», pour reprendre cette définition des intellectuels mise en circulation par Ferdinand Brunetière dès 1898 et devenue célèbre suite à une conférence donnée par Jean-Paul Sartre au Japon quelques soixante-dix ans plus tard. Il apparaîtra alors que c’est essentiellement en raison de leur ethos professionnel, développé au cours du processus de scientifisation de leur discipline à partir des années 1860, que les philologues (romanistes) se sont prononcés sur l’Affaire. Certes en premier lieu déclenché par le fait que la pièce maîtresse du procès Dreyfus était le fameux «bordereau» dont il s’agissait d’examiner l’écriture, activité communément assignée au domaine de compétence propre aux chercheurs en philologie, l’engagement de ces derniers
dans une affaire publique fut profondément motivé par les valeurs morales qu’ils considéraient comme étant inhérentes à leur credo scientifique. Pour eux, la philologie, loin d’être une discipline scientifique dont l’impact se limite aux objets de recherche étudiés, non seulement impliquait un mode de pensée dont l’un des traits marquants était l’aspiration à l’universel et au dépassement de catégories invétérées, mais encore accédait au statut d’une véritable forme de vie. C’est aussi par cet aspect que les pères fondateurs de la philologie romane méritent encore notre attention et notre respect et nous proposent même, aussi inattendu que cela puisse paraître à ceux qui aimeraient les voir figurer dans Jurassic Park, un modèle du rôle des savants dans la cité digne, pour le moins, d’être (re)médité.

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Item Type:Journal Article, refereed, original work
Communities & Collections:06 Faculty of Arts > Institute of Romance Studies
Dewey Decimal Classification:800 Literature, rhetoric & criticism
470 Latin & Italic languages
410 Linguistics
440 French & related languages
460 Spanish & Portuguese languages
450 Italian, Romanian & related languages
Language:German
Date:December 2004
Deposited On:19 Mar 2020 15:54
Last Modified:07 Apr 2020 07:27
Publisher:Narr Francke Attempto Verlag
ISSN:0042-899X
OA Status:Green
Free access at:Publisher DOI. An embargo period may apply.
Official URL:https://elibrary.narr.digital/journal/vox

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