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Justification épistémique (GP)


Logins, Arturs (2018). Justification épistémique (GP). Paris: L'Encyclopédie Philosophique.

Abstract

Certaines croyances sont justifiées tandis que d’autres ne le sont pas. Si je crois que la Terre est ronde, on peut considérer que ma croyance est justifiée, alors que si je crois qu’elle est plate, elle ne l’est pas. Qu’est-ce qui différencie les unes des autres ? Une croyance justifiée doit-elle toujours être fondée sur une autre croyance justifiée ? Comment pouvons-nous éviter la conclusion sceptique selon laquelle nous ne sommes pas justifiés à croire quoi que ce soit ? Ces questions classiques se trouvent encore aujourd’hui au centre de débats en épistémologie. Cette entrée présente une introduction aux discussions centrales concernant les conditions et la forme de la justification de nos croyances.

Introduction

Un aspect central et fondamental de notre esprit est la possibilité d’avoir des croyances. Les croyances (ou opinions, ou jugements) peuvent être étudiées sous divers angles. Une croyance peut être étudiée en psychologie et en sciences cognitives. Nous pouvons essayer de découvrir quels processus cognitifs ou sociaux sous-jacents amènent un individu à avoir telle ou telle sorte de croyance (par exemple, en étudiant les biais cognitifs on peut essayer de mieux comprendre l’origine et la nature de préjugés et erreurs de jugement divers). Mais nous pouvons aussi étudier les croyances sous un autre angle d’approche, à savoir, en essayant de comprendre ce qui fait qu’une croyance est justifiée. D’une part, on peut essayer de comprendre comment les membres d’une secte en viennent à croire que les soucoupes volantes sont sur le point d’arriver pour annoncer la fin du monde. D’autre part, on peut chercher à comprendre pourquoi de telles croyances ne sont pas justifiées et en quel sens exactement elles ne sont pas justifiées. Il est commun de considérer la première sorte de questions comme des questions empiriques (ou non-normatives) et la seconde comme des questions normatives, c’est-à-dire des questions relatives à l’évaluation de croyances. Plus précisément, ces sont des questions concernant ce qui constitue ou non une réelle justification de nos croyances. Nous nous focalisons ici sur les questions normatives à propos des conditions, et de la nature, de la justification des croyances.

Avant d’examiner cette question de près, quelques clarifications s’imposent pour mieux cerner le débat. Tout d’abord, il convient de noter que la justification en question est spécifiquement épistémique. Tout bien considéré, peut-être vaut-il mieux que le membre de la secte croie que les soucoupes volantes sont sur le point d’arriver. En effet, peut-être que, sans une telle croyance, il risquerait de mettre fin à ses jours ou de commettre un acte violent envers les autres. Mais cela reste indépendant du fait que sa croyance est épistémiquement inappropriée. En somme, une croyance peut être moralement ou prudentiellement justifiée sans pour autant être épistémiquement justifiée.

Une autre distinction fondamentale doit être établie entre la justification qu’a un agent pour croire une certaine proposition d’une part, et la justification d’une croyance particulière d’autre part. La première propriété est connue dans la littérature récente sous le nom de la justification propositionnelle, car elle concerne les propositions qu’un agent est justifié à croire (y compris les propositions qu’il ne croit pas). On appelle « proposition » ce qui est exprimé par une phrase qui a une valeur de vérité, i.e. qui est soit vraie soit fausse. La seconde propriété est connue sous le nom de justification doxastique, car elle concerne les états mentaux doxastiques (doxa, en grec ancien, signifie ‘opinion’).

Abstract

Certaines croyances sont justifiées tandis que d’autres ne le sont pas. Si je crois que la Terre est ronde, on peut considérer que ma croyance est justifiée, alors que si je crois qu’elle est plate, elle ne l’est pas. Qu’est-ce qui différencie les unes des autres ? Une croyance justifiée doit-elle toujours être fondée sur une autre croyance justifiée ? Comment pouvons-nous éviter la conclusion sceptique selon laquelle nous ne sommes pas justifiés à croire quoi que ce soit ? Ces questions classiques se trouvent encore aujourd’hui au centre de débats en épistémologie. Cette entrée présente une introduction aux discussions centrales concernant les conditions et la forme de la justification de nos croyances.

Introduction

Un aspect central et fondamental de notre esprit est la possibilité d’avoir des croyances. Les croyances (ou opinions, ou jugements) peuvent être étudiées sous divers angles. Une croyance peut être étudiée en psychologie et en sciences cognitives. Nous pouvons essayer de découvrir quels processus cognitifs ou sociaux sous-jacents amènent un individu à avoir telle ou telle sorte de croyance (par exemple, en étudiant les biais cognitifs on peut essayer de mieux comprendre l’origine et la nature de préjugés et erreurs de jugement divers). Mais nous pouvons aussi étudier les croyances sous un autre angle d’approche, à savoir, en essayant de comprendre ce qui fait qu’une croyance est justifiée. D’une part, on peut essayer de comprendre comment les membres d’une secte en viennent à croire que les soucoupes volantes sont sur le point d’arriver pour annoncer la fin du monde. D’autre part, on peut chercher à comprendre pourquoi de telles croyances ne sont pas justifiées et en quel sens exactement elles ne sont pas justifiées. Il est commun de considérer la première sorte de questions comme des questions empiriques (ou non-normatives) et la seconde comme des questions normatives, c’est-à-dire des questions relatives à l’évaluation de croyances. Plus précisément, ces sont des questions concernant ce qui constitue ou non une réelle justification de nos croyances. Nous nous focalisons ici sur les questions normatives à propos des conditions, et de la nature, de la justification des croyances.

Avant d’examiner cette question de près, quelques clarifications s’imposent pour mieux cerner le débat. Tout d’abord, il convient de noter que la justification en question est spécifiquement épistémique. Tout bien considéré, peut-être vaut-il mieux que le membre de la secte croie que les soucoupes volantes sont sur le point d’arriver. En effet, peut-être que, sans une telle croyance, il risquerait de mettre fin à ses jours ou de commettre un acte violent envers les autres. Mais cela reste indépendant du fait que sa croyance est épistémiquement inappropriée. En somme, une croyance peut être moralement ou prudentiellement justifiée sans pour autant être épistémiquement justifiée.

Une autre distinction fondamentale doit être établie entre la justification qu’a un agent pour croire une certaine proposition d’une part, et la justification d’une croyance particulière d’autre part. La première propriété est connue dans la littérature récente sous le nom de la justification propositionnelle, car elle concerne les propositions qu’un agent est justifié à croire (y compris les propositions qu’il ne croit pas). On appelle « proposition » ce qui est exprimé par une phrase qui a une valeur de vérité, i.e. qui est soit vraie soit fausse. La seconde propriété est connue sous le nom de justification doxastique, car elle concerne les états mentaux doxastiques (doxa, en grec ancien, signifie ‘opinion’).

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Item Type:Scientific Publication in Electronic Form
Communities & Collections:06 Faculty of Arts > Institute of Philosophy
Dewey Decimal Classification:100 Philosophy
Language:French
Date:September 2018
Deposited On:28 Jul 2020 06:11
Last Modified:28 Jul 2020 06:15
Publisher:L'Encyclopédie Philosophique
ISSN:2606-6661
OA Status:Closed
Free access at:Official URL. An embargo period may apply.
Official URL:http://encyclo-philo.fr/justification-epistemique-gp/

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